Mes voyages ont souvent été l'élément déclencheur d'une création plastique, une source d'inspiration, un point de départ pour une aventure vers l'autre. Mais un autre différent, singulier et non pas exotique. Ce sont à chaque fois des voyages qui ont comme valeur un témoignage plastique de rencontres avec l'humanité. Ces voyages en Afrique, en Asie, ou en Amérique du Sud sont probablement pour moi un moyen de retrouver mes racines intérieures, mon arbre archaïque.

Pendant mes études aux beaux-arts d'Angers, j'ai monté chez moi un atelier de sérigraphie ; plusieurs éditions en sont sorti dont Pareil dans la différence en 1994, retraçant mon premier voyage par la terre en Afrique, et Les dieux boulonnés en 1995, un travail de sculpture. Puis des films super 8 , dont en 1997 "7000 km images/secondes" pris sur la route de mon deuxième voyage à travers le désert Saharien. Ces images rapides m'ont donné l'idée de créer ma première installation interactive avec le public : Le bâché. Il s'agissait pour moi de montrer l'idée d'un cinéma dynamique en recréant les conditions même de la prise de vue lors de mon voyage. Les spectateurs montaient à l'arrière d'une camionnette bâchée reconstituée que j'actionnais grâce à un système de suspension ; le film leur était projeté vers l'avant du véhicule comme s'ils y étaient : Le spectacle était total.

D'autres installations basées sur un principe semblable suivirent :

"Blocus fiesta club" fut créée en 2000 pour le festival de Châlons-sur-Saône. Les spectateurs s'installaient dans des bouées actionnées pour recréer le mouvement de la mer. Un film sur mes impressions de Cuba leur était projeté.

"La machine à boucle à la plage" fut présentée en 2002 aux "Accroches coeurs" d'Angers. J'étais un homme-machine. Au dessus de ma tête, on pouvait voir le film d'une femme jouant aux raquettes sur la plage, projeté par la machine sur un écran. Le spectateur-acteur devait jouer virtuellement contre cette dame. Il était en retour filmé lui même et se voyait en action.

En 2002, au festival "Images imaginées" d'Orléans, j'installais dans une yourte un espace de projections intimiste de mes films plastiques et graphiques réalisés lors de mes voyages en Asie du sud est. Une création musicale de Zenzile pour l'occasion plongeait le spectateur dans un rythme zen et déambulatoire. En 2006, le travail de commande du parc du Haut Jura me plonge à mon tour pendant quelques mois dans un univers naturel splendide : la forêt du Jura, avec sa faune , sa flore, et ses "sons à perte de vue" (titre de la scénographie). C'est ici que l'idée de l'arbre est née. Un arbre naïf, figuratif, dessiné au chalumeau dans une plaque de tôle comme pour y inscrire sa force et sa fragilité à la fois. Ainsi lorsque la petite ville d'Ecouflant m'a demandé en 2007 de réaliser une scénographie sur l'histoire de sa mairie, j'ai pensé à mettre en scène cet arbre et ses racines faites de documents d'archives, de photos, de plans cadastraux, ...

En 2008, je reprends mes éditions en sérigraphie avec des encres à l'eau sur papier recyclé : Le Mémo vin (jeu de dessins créés par un collectif d'artistes), Ensemble, Graphique boock, livres pour enfants ; Putain, c'est encore la guerre ! (livre sur les conflits dans le monde). Parallèlement je développe un travail in situ dans la ville d'Angers à l'occasion d'un festival sur le thème du vent. " Que du vent ", est un travail constitué d'une succession d'actions au milieu de la foule ou des passants, avec comme unique matériau, des post-it sur lesquels ce même intitulé "que du vent" est écrit . Le mobilier urbain et les vitrines servent de support à cette oeuvre éphémère.

En 2009 , je développe une série de masques fabriqués avec des bidons de plastique et des rétroviseurs de voiture. Cette série que j'intitule " yes we can " est née au moment de l'élection d'Obama et devant toute l'espérance qu'elle a soulevée en Amérique et dans le monde. Chaque reflet symbolise un nouveau regard sur le monde.